Entretien avec Thibaut de Chassey dans Rivarol

26 juin 2013

chasseyNotre directeur était interrogé dans le numéro 3099 de l’hebdomaire Rivarol, en date du 19 juin.
Vous pouvez retrouver ci-dessous l’essentiel de cet entretien.

Thèmes abordés : le Congrès nationaliste, l’affaire Méric, les menaces de dissolution, la mobilisation contre le « mariage » homo, le Printemps français, Frigide Barjot, le « Camp d’été nationaliste », etc.

Rivarol : le 11 mai dernier vous avez organisé votre 5ème Congrès Nationaliste à Villepreux sur le thème : « Défendre la famille, socle de la nation ». Pouvez-vous nous tracer les grandes lignes de cet évènement désormais incontournable du paysage nationaliste français?

Cet événement organisé par le Renouveau français (et qui n’est pas le congrès du RF) a été créé en 2008 pour répondre au désir, et même au besoin, qu’ont les nationalistes de se retrouver, surtout après la disparition des fameuses fêtes des BBR.
Spécialement dans cette époque où notre courant est stigmatisé par l’Oligarchie et ses médias, alors que l’on peut parfois se sentir isolé au milieu de concitoyens moutonniers, il est important de se réunir autour de nos orateurs, de nos auteurs, de nos associations et journaux, de nos artistes, de se retrouver entre nationalistes. C’est utile et c’est important pour le moral.

Le « Congrès nationaliste » propose des stands nombreux et variés, des conférences, des animations, des discours (chaque année sur un thème différent), parfois des tables rondes et projections de documentaires, des présentations de délégations étrangères. Une buvette ouverte toute la journée rend le cadre magnifique de Villepreux plus convivial et tout est mis en œuvre pour faciliter la venue des familles, avec une garderie gratuite.

C’est un carrefour, un lieu de découverte, d’achats utiles, de discussions, de retrouvailles, d’amitié française ! On en ressort les batteries rechargées.

Rivarol : quel est le bilan de cette dernière édition?

Si cette année nous n’avons pas atteint le millier de participants, l’affluence était tout à fait satisfaisante au vu des difficiles conditions d’agenda. Le bilan est bon aussi et surtout en ce qui concerne la qualité des interventions, le banquet animé par l’excellent Choeur Montjoie Saint Denis et l’ambiance générale qui a régné sur cette journée.
Nous avons différentes idées pour améliorer encore et renouveler un peu le concept lors du prochain « Congrès nationaliste ».

Rivarol : la bonne surprise de cette année 2013 est sans conteste l’incroyable mobilisation contre la Loi Taubira et son pseudo « mariage » gay. Quelle est votre analyse politique de cet immense mouvement populaire français?

Ces derniers mois ont montré que sous les cendres de la civilisation française, il y a encore des braises, qui ne demandent qu’à être ravivées. Une nouvelle génération de Français s’est levée face à un projet qui ne peut que révulser les consciences non déformées. Comment ne pas s’en réjouir ? Mais comment, simultanément, ne pas s’offusquer des tentatives de détournement dont a fait l’objet cette mobilisation ? Détournement politicien d’un côté avec le honteux et mensonger racolage de l’UMP, détournement moral de l’autre côté, avec l’apologie de la bougrerie ou la dissimulation du catholicisme de manifestants pourtant majoritairement de cette religion. Ce fut un cas d’école de canalisation et de déviation de la colère populaire, du fait d’une calamiteuse figure de proue médiatique, la mal prénommée mais bien nommée Frigide Barjot.
Quoiqu’il en soit, ces derniers mois doivent nous rappeler qu’en politique, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise et que des brèches apparaissent régulièrement dans le rouleau compresseur mondialiste. A nous de les exploiter au mieux. En l’occurrence, il s’agit notamment de faire comprendre à un maximum d’indignés les véritables enjeux ainsi que les véritables origines politiques et philosophiques de cette évolution : l’idéologie égalitariste et libérale, qui ravage ce qu’il reste de notre société. Rivarol aussi a, naturellement, un rôle important à jouer dans ce domaine.
La répression disproportionnée de Manuel « Gaz » a produit par ailleurs des effets bénéfiques auprès d’un certain public : les coups de matraque et les jets de gaz ont eu raison de sa torpeur et de sa complaisance envers un Système dont il n’y a rien à sauver, et qui justifie chaque jour davantage une saine révolution.

De notre côté, au Renouveau français – dont de nombreux membres ont été en première ligne ces derniers mois, en général discrètement – , nous voyons arriver une nouvelle vague militante à la faveur de ces événements. C’est peut-être une maigre consolation mais c’est en tout cas un encouragement sensible à maintenir et développer le combat contre les forces de mort actuellement à l’œuvre.

Rivarol : d’après Marine Le Pen, la Loi Taubira ne serait qu’un rideau de fumée pour masquer les mauvais chiffres du chômage. Partagez-vous cette analyse?

Très partiellement : il est certain que la « gauche » étant incapable de résoudre les problèmes sociaux – bien au contraire -, elle se réfugie presque naturellement dans les combats sociétaux ; et c’est un fait qu’avec ces longs mois centrés sur le prétendu « mariage » entre invertis, le gouvernement a échappé à d’autres pénibles polémiques, dont il aurait eu grand peine à sortir populaire. Mais atténuer la gravité de l’enjeu de la loi Taubira, quoiqu’on pense de ses véritables motivations, est une lourde erreur – une faute même -, tant il s’agit d’un bouleversement civilisationnel (comme le reconnaissait Taubira elle-même) aux conséquences concrètes dramatiques pour cette génération et les prochaines.

Rivarol : Mariton, Copé, Jacob ou même Frigide Barjot sont-ils légitimes pour représenter le vaste rassemblement de Français contre le mariage pour tous?

Non, bien sûr : ces personnages relèvent de l’escroquerie, faisant tous partie du Système. L’absence de conviction est chez eux proportionnelle à la soif de passer dans les médias, sans trop s’y faire maltraiter si possible. Or les médias ne sont pas neutres mais irrémédiablement militants et ennemis de nos idées. Les personnalités qui choisissent de s’en faire les tributaires renoncent à leur liberté et à leurs convictions, pour autant qu’ils en aient eu à un moment – ce qui est peu probable. Mariton, Copé et Jacob sont là pour capter des voix et défendre ou reconquérir leurs prébendes. « Barjot », quant à elle, est en décalage (sur la forme et sur le fond) avec la plupart des manifestants, à qui elle a imposé ses insupportables et répugnantes apologies de l’homosexualité. Alors que le fond du problème, c’est tout de même que l’inversion des mœurs est quelque chose d’objectivement mauvais…

Rivarol : que pensez-vous de Béatrice Bourges et de son « Printemps Français »?

Une stratégie intéressante, moins de compromis que la « Manif pour tous », peu de fond mais c’est logique, un fonctionnement « en nébuleuse » avec ses avantages et ses limites. On peut supposer que cela ne durera pas longtemps, et espérer que cela aura donné le goût du militantisme à un certain nombre de jeunes qui feront là un premier pas dans la bonne direction, et qui « embraieront » sur un engagement politique sérieux et durable.

Rivarol : quel regard portez-vous sur l’affaire Méric et sa scandaleuse récupération par le pouvoir politico-médiatique ?

Clément Méric faisait partie d’une bande de voyous qui depuis deux-trois ans multipliaient les agressions contre tout ce qui était considéré comme patriote à Paris. Ces « antifas » attaquaient régulièrement – armés et en surnombre – les réunions, les gens isolés, les commerces… Qu’au bout d’un moment il y ait mort d’homme était logique, et la police, sachant tout cela, a volontairement laissé une large impunité à ces gauchistes belliqueux. Méric, loin d’être un étudiant pacifique, était une petite frappe animée d’une haine rabique. Il est dommage qu’il se soit laissé entraîner dans ce mouvement de bêtise et de haine. Ses camarades ont encore montré leur absence totale de dignité et d’honneur en se faisant passer pour d’innocentes victimes de la barbarie fasciste alors qu’ils étaient des agresseurs déterminés. La caste politico-médiatique a, elle, démontré une nouvelle fois son cynisme et son extraordinaire capacité à mentir et à manipuler. Aucune de ses personnalités n’a fait preuve du moindre sens moral, de la moindre honnêteté dans ce torrent d’affabulation. La connivence objective (et logique) entre le Système capitalo-mondialiste et la gauche extrême qui prétend le combattre apparaît de façon éclatante. Tout comme la nécessité de développer, dans notre camp, les moyens de réinformation afin de contrer au mieux les opérations comme celle qu’on vient de voir.

Rivarol : craignez-vous la dissolution de votre organisation le Renouveau Français ?

Nous n’en serions pas surpris, dans la mesure où l’Etat à la sauce hollandaise ne s’embarrasse plus de la loi ni d’apparences démocratiques. Je l’ai personnellement vérifié le 26 mai quand j’ai été, avec quelques camarades, arrêté « préventivement » et détenu sans motif légal pendant cinq heures, alors que je rejoignais simplement l’un des cortèges… Les derniers mois ont bien montré que nous avions affaire à un gouvernement de fanatiques et on peut s’attendre à des mesures arbitraires. Il y a dans l’air comme un plaisant parfum de fin de Régime, et il ne faut pas s’étonner qu’en commençant à vaciller, ce dernier devienne plus mauvais.

Dissolution du mouvement ou pas, les hommes, les idéaux et la détermination sont là et sont hors de portée des nains qui nous oppriment actuellement. Le RF n’est qu’un outil, précieux mais remplaçable. Le combat continuera dans tous les cas.

Rivarol : vous allez sortir ces prochains jours un nouveau numéro de la revue L’Héritage. Pouvez-vous nous en dévoiler le sommaire?

Comme d’habitude le contenu sera varié : histoire de France et histoire nationaliste, politique, identité, philosophie (avec une présentation simple d’une querelle fondamentale), etc. Nous ferons bien sûr bonne place à la question de la dénaturation du mariage, tâchant de remonter aux véritables sources et d’élargir les perspectives. Informations sur www.lheritage.net ou au 06 21 22 16 32.

Rivarol : vous organisez chaque année un camp d’été pour les jeunes de 15 à 35 ans. Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste et quelles sont les modalités pour s’y inscrire?

Le « camp d’été nationaliste », organisé avec L’Héritage, est un temps fort dans la vie d’un jeune nationaliste, un moment exceptionnel en termes d’instruction et de camaraderie.
Y est dispensée une formation politique, historique et technique (comment militer) de grande qualité, adaptée aux différents niveaux des participants. L’ambiance est certes studieuse mais on a le temps de rencontrer des camarades, d’échanger, de se défouler et se détendre, de rire, de chanter… Le RF a acquis une véritable expertise dans la tenue de ce type d’activité et il s’agit d’une opportunité à ne pas rater pour vous ou le cas échéant pour vos enfants ou petits-enfants ! Un sain climat catholique est garanti (et les non catholiques sont bienvenus). Le camp aura lieu cette année du 26 août au 1er septembre, dans le Loiret.
Les détails pour s’inscrire sont ici.
On peut aussi nous contacter au 06 21 22 16 32 ou à RF/ASMA BP 80308 75723 PARIS Cedex 15.

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