Le nationalisme est-il une idolâtrie ?

11 octobre 2012

Les deux glaives

Les gérants d’un blog catholique traditionaliste ont, lors d’un entretien à l’hebdomadaire Rivarol, cru bon d’attaquer le nationalisme*. Notre directeur leur a répondu par le bref texte ci-dessous (paru dans le numéro suivant) :

« Dans l’entretien paru dans le numéro du 5 octobre de Rivarol, nos amis Intransigeants dénoncent le nationalisme d’une façon très malheureuse, qui appelle réaction.

En effet, ils réduisent cette démarche à une idolâtrie de la nation, alors que ce n’est là qu’une possible mais fort rare – et bien sûr condamnable – dérive du nationalisme.
Un sain nationalisme, a fortiori un nationalisme chrétien, ne fait pas de la nation un absolu métaphysique. Il se donne simplement pour but de défendre l’héritage et le bien commun national (qui est la finalité de la « société politique » ) : c’est bien le rôle du pouvoir politique, aujourd’hui défaillant.

Le nationalisme – entendu comme la traduction politique de l’amour de sa Cité – est une démarche qui découle de la nature de l’homme et que l’Eglise vient donc conforter, et non pas abolir, tout en la mettant en perspective et la subordonnant à notre fin ultime. La confusion entre le temporel et le spirituel, entre l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, entre la nature et la grâce, est un fléau de notre temps que l’on retrouve chez les modernes mais aussi parfois dans les milieux traditionnels : cette approche n’est pourtant tout simplement pas catholique. La grâce n’écrase pas la nature.

Usant d’un argument boiteux, nos polémistes affirment par ailleurs refuser le nationalisme en tant qu’« appellation issue de la modernité », tout en citant favorablement le « révisionnisme », « l‘antisionisme » ou la « contre-révolution »… La jeunesse d’un terme ne préjuge nullement du caractère nocif de la réalité qu’il veut désigner, et il faut garder en tête que si le nationalisme moderne (dans sa version saine) apparait après la Révolution française, c’est en tant que réponse et saine réaction, et non comme une évolution logique de cet épisode catastrophique.

Thibaut de Chassey
Directeur du Renouveau français. »

* Pour rappel, voici le passage de l’entretien en question :

« R. : Dans Les Intransigeants première formule, vous ne vous reconnaissiez pas dans le nationalisme français, est-ce toujours le cas ?
E. C. : Ni dans le nationalisme français, ni dans le nationalisme tout court. Nous refusons ces appellations issues de la modernité.
Notre vie est centrée sur Dieu, pas sur la nation. « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, le reste vous sera donné par surcroît. ». Si des hommes mettent la nation au même niveau que Dieu ou au-dessus de lui, ils commettent un grave péché. Dieu est au-dessus des nations et celles-ci doivent l’accepter. Pas d’idolâtrie.
Le seul que nous devons adorer c’est Dieu.
La France ne se réveillera pas tant que les Français n’accepteront pas de revenir sincèrement à Dieu. »

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